Vivre c’est Tuer

1 juillet, 2008 par jackyvalencejr

Vivre c’est tuer.

Ne te fais pas d’illusions. Chaque seconde que tu passe sur cette terre, tu l’a volé à quelqu’un d’autre.

Pour vivre tu dois manger et tout ce que tu mange était vivant il y a quelques instants. Ce que tu mange n’était pas seulement vivant, mais c’est au moment de sa vie où la bête était la plus grosse et la plus forte, pleine de muscles et de bonne chaire fraiche que Bang! C’est là, à ce moment précis qu’on l’assassine. On lui coupe la gorge et le ventre, on la vide de son sang et de ses tripes et on dévore sa viande et sa vie.

On éteint de façon prématuré et violente la mystérieuse petite flamme qui maintenait ce complexe cocktail de vitamines, protéines et minéraux dans l’état qu’on appelle vivant pour envoyer ses vitamines et minéraux dans notre propre fournaise où elle fourniront du carburant à notre propre petite flamme.

Ton corps c’est rien d’autre que ça. C’est les cadavres de milles bêtes égorgées.

Du calme le végétarien, t’est pas mieux. Ton truc c’est moins salissant mais c’est exactement le même principe. La pomme que tu mange toi aussi tu la prend au moment précis où elle est la plus grosse, la plus rouge et la plus juteuse. Au moment précis où elle est la plus vivante. Juste avant qu’elle ne tombe de l’arbre et commence tranquillement à pourrir. Juste avant qu’elle ne libère ses pépins pour permettre à un autre arbre de naitre.

Pareil pour le riz et l’avoine. Bio ou Mosanto.

C’est des histoires que tu te raconte. On ne peut pas sortir de la chaine alimentaire. On est tous condamnés à s’entre-dévorer jusqu’à la fin de l’histoire. Tu est condamné à tuer jusqu’à temps qu’un ours, un cancer ou un virus ait ta peau et se la partage avec les asticots.

On ne mange pas de roches et de plastique. On mange des animaux et des plantes, des fleurs et des racines. On mange ce qui est vivant. On prend la vie des autres pour nourrir la nôtre. Chaque minute que tu vis tu l’a prise a quelqu’un d’autre. Fais pas cet air-là. C’est pas comme si t’avais le choix.

On a appris à tricher, à congeler, à mettre en canne et dans du plastique. On peut bouffer sans se salir, sans voir le sang ou toucher la terre, mais c’est une fantastique illusion. L’épicerie c’est un grand cimetière. Les humains étaient des chasseurs et des fermiers, ils sont devenus des nécrophages et des charognards.

C’est pas la diète qui a changé. C’est le sens de l’honneur qui est mort.

Les Amérindiens demandaient la permission au bison avant de le tuer. Ils comprenaient qu’ils commettaient un crime, aussi nécessaire soit-il. Mais à l’époque la chasse étaient dangereuse. La vie que tu volais, tu travaillais pour. Tu la méritais.

La corrida c’est quoi, tu crois? C’est les premiers éleveurs qui n’arrivaient pas à abandonner leur sens de l’honneur. Il n’y avait plus grand chose de dangereux a regarder les vaches brouter dans le pâturage alors les jours de fête les éleveurs allaient dans l’arène combattre un gros taureau en colère face à face. Un à un. Pour l’honneur. Les rodéos c’est pareil.

Oui c’est cruel. Mais vivre c’est cruel. Au moins les toréadors assassinent avec honneur. Ceux qui croient que le toréador ne court pas de risque n’a jamais vu de corrida.

Le sens de l’honneur dans cette grande boucherie qu’est la vie se perd. On mange des bêtes malades qu’on abat dans des camps de concentration. Notre privilège de PDG de la chaine alimentaire c’est de tuer sans danger. Sans danger et sans honneur. On est plus rien que des tueurs.

Et pour quoi tout ça? Pour mourir plus vieux. Vieux et malade. Parce qu’en plus on ne redonne même plus rien à cette terre a qui on a tout pris. On crève déjà pourri.

Il n’y a Pas de Mérite à Être Heureux

30 juin, 2008 par jackyvalencejr

Il n’y a aucun mérite à être heureux quand tout va bien.

Tu n’a pas besoin d’apprendre à vivre ton bonheur quand la belle blonde que travaille depuis deux semaines accepte avec des yeux qui pétillent de te laisser poser ta main sur sa hanche et mettre ta langue dans sa bouche.

Il n’y a pas de stratégie de vie pour gérer ta fierté quand, quinze minutes plus tard tu repose le regard vers la blonde couché à côté de toi et que tu la trouve toujours aussi jolie.

La joie de recevoir un colis par la poste, la joie d’avoir un répondeur bien rempli et la joie de prouver a un ami un peu con qu’il a tort, tout ça vient tout seul. C’est comme se sentir bien après deux bières ou confortable quand on enlève des bottes de ski, ça se fait tout seul ses bonheurs-là.

Il n’y a absolument aucun mérite à être heureux quand on est heureux.

Le secret du bonheur, c’est d’être heureux quand ça va mal.

Pour être heureux dans la vie il faut être prêt 24 sur 7 à en prendre plein la gueule.

Il faut accepter que ton état naturel c’est celui de la frustration. Le monde est cruel et il est plein d’enculé qui vont être dans ton chemin toute la journée.

T’aura pas le temps de faire la moitié de ce que tu voulais faire, la moitié de ce qui reste ça marchera pas. Ton ordi va bugger, l’autoroute Décarie va bloquer, il va avoir de l’eau dans ton soulier. La fille du Starbucks va encore te faire sentir qu’elle te trouve con.

Tu va avoir mauvaise haleine au mauvais moment et tu sera le seul a ne pas le savoir. Autour de toi ce jour-là, tout sera malaise. Tu va tout remettre en question, de la coupe de ton pantalon à la sonnerie de ton téléphone cellulaire. Pour rien.

Les gens que tu aiment vont avoir le cancer. Tes amis vont perdre leur travail. Les gens sur qui tu compte vont t’abandonner pour la drogue et les prescriptions.

L’homme malheureux c’est celui qui vit toutes ces frustrations comme des problèmes, comme des bogues dans sa journée qui le prive de son bien-être planifié.

L’homme heureux c’est celui qui sait d’avance que tout ça va arriver. Il accepte d’avance que rien ne va marcher. Mais il se lève pareil et il la fait, sa journée. Il a affronte la merde et les cons comme les Jedis affrontent les Storm Troopers. Ce ne sont que des nuisances inévitables sur son chemin.

L’homme heureux n’est jamais une victime. Il ne fait que son devoir. Survivre dans un monde de souffrance. content de se battre. Presque heureux.

Puis un soir la belle blonde du bureau te regarde avec un drôle d’air…